Comment bien démarrer 2018 en écoutant Alice Lewis

Même si son nouvel album s’appelle « Imposture », Alice Lewis est loin d’en être une. Plane sur sa musique et son joli physique un mystère, une personnalité envoûtante et sensuelle. Ce que j’aime dans cet album, c’est l’envie de traverser en musique des univers allant de l’opéra au cinéma, de ses beaux draps aux rues parisiennes… Une épopée autant musicale que cinématographique ! Je vous laisse la découvrir en interview.

Alice Lewis album imposture musique

L’Arrogante : On me souffle que tu as l’âme ultra romantique, c’est vrai ? 
Alice Lewis : Ce fut vrai, très vrai  mais le temps a passé et les chemins tortueux de l’amour sont derrière moi. Ce disque a été assez cathartique !

Comment es-tu arrivée à la musique ? Te souviens-tu de tes premières écoutes à la maison ?
Alice Lewis : J’ai eu ma première révélation musicale lorsque j’ai écouté le concerto en sol de Maurice Ravel, l’Adagio, joué par Martha Argerich. Je me suis allongée par terre et là, je me suis rendue compte que la musique pouvait complètement changer ma perception du temps, il devenait élastique et il échappait aux mesures que les êtres humains en font. C’était magique, comme une libération…

Plus rien ne semble vrai ni avoir de sens, en particulier le langage politique. Alice Lewis

Parle-nous de cette « Imposture » ? Comment était-elle apparue ?
Alice Lewis : Le titre du disque, « Imposture« , a un double sens. Il reprend le titre d’une chanson dans laquelle l’homme se fait désirer, il promet mais il n’est pas là. Comme dans pas mal d’autres chansons du disque, l’homme a cette position d’imposteur. Mais nous avons choisi ce titre aussi parce qu’ils fait écho au monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. Plus rien ne semble vrai ni avoir de sens, en particulier le langage politique, la seule chose qui me parait tangible, c’est ce qui n’a pas de valeur marchande. C’est précisément parce que quelque chose n’a pas de valeur marchande  que cette chose a un sens et une humanité.

Comment travailles-tu ta musique, en indépendante ? 
Alice Lewis : Comme j’ai monté mon propre label, je me suis surtout concentrée cette année sur des choses administratives, qui rendent le travail de l’artiste assez complexe, car il y a beaucoup moins de temps consacré à la rêverie, aux déambulations mentales.  Michel Houellebecq dit qu’il faut s’ennuyer pouvoir créer. Je crois que c’est vrai, il faut une forme de vide pour que de nouvelles idées émergent. J’ai très envie de retrouver le temps qui précède la finalisation de mon dernier disque, où je pouvais marcher dans la rue et entendre des mélodies, les enregistrer sur mon téléphone, rentrer les noter ou les reprendre plus tard,  expérimenter sur mon ordinateur, jouer avec des sons et trouver des idées de manière très empirique. Il y aussi la méthode de » piano aveugle », où l’on pose ses mains sur le clavier et parfois il y a de belles surprises. Je travaille beaucoup avec le hasard, mais une fois que j’ai trouvé une idée qui me semble séminale, je me concentre sur celle-ci, je tire sur le fil  pour en faire une chanson qui ait une unité.

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Est-ce important pour toi d’écrire et de chanter en français ?
Alice Lewis : Chanter en français est une grande nouveauté, c’est grâce à Alexandre Chatelard (auteur des textes de l’album) que j’ai rencontrée à travers des amis communs. Ce n’est pas une langue qui m’était connue, j’y trouve une fragilité que je n’ai pas lorsque je chante en anglais puisque c’est ma première langue pour ma musique. Ayant vécu en Angleterre toute petite, l’anglais et le français sont arrivés en même temps mais je n’écoutais que de la musique anglo-saxonne, c’est avec celle-ci que j’ai appris à chanter. Le français me paraissait vieillot, dans cette tradition de chanson réaliste, mais lorsque j’ai entendu le travail d’Alexandre, j’ai aimé son symbolisme, sa modernité, sa classe et son romantisme, qui sont des choses que j’ affectionne en  cinéma, peinture et en littérature. Par exemple mes réalisateurs préférés sont Rhomer, Resnais et Brian de Palma.

Je pouvais marcher dans la rue et entendre des mélodies, les enregistrer sur mon téléphone, rentrer les noter ou les reprendre plus tard,  expérimenter sur mon ordinateur, jouer avec des sons et trouver des idées de manière très empirique. Alice Lewis

Tu as fait les Beaux Arts, est-ce que cela a une influence dans ta musique ?
Alice Lewis : Cette question peut-être la suite de la précédente, effectivement la peinture, la musique et la littérature sont de grandes sources d’inspiration, j’essaye de travailler de façon très imagée lorsque j’écris de la musique. Pour moi, c’est un paysage sonore  mental qui se façonne au fur et à mesure de l’avancée de l’écriture de la chanson.

Qui t’a donné envie de te lancer ?
Alice Lewis : Une professeure à l’école des Beaux Arts dont j’étais l’élève. Elle m’a demandé de lui écrire des chansons pour son prochain atelier, c’est-à-dire son prochain cours, et au moment de l’écriture, j’éprouvais des sensations tellement excitantes que c’est devenu comme une drogue, je n’ai pas pu arrêter.

Un mot sur Sébastien Tellier ?
Alice Lewis : J’avais peur de lui parler, il m’impressionnait.

Tu écoutes quoi en ce moment ? Comme sons, albums ou autre artiste ?
Alice Lewis : J’ai  flashé sur le disque de Weyes Blood, « Front Row Seat To Earth », le dernier album de PJ Harvey, en particulier une chanson qui s’appelle « River Anacostia », Orelsan aussi, je le trouve très fort. Plus récemment, « Catastrophe » (avec qui j’ai parfois collaboré), que je vais souvent voir en concert. Jamais ils ne font deux fois la même chose, entre performance, musique et littérature. Ils ont cette capacité à donner foi en l’avenir, à dire que tout est à faire et que ce n’était pas mieux avant, avec un certain humour. Les compositions (qui ne sont qu’une partie de leur travail) sont brillantes et poétiques. Sinon, j’attends le prochain album de Judah Warsky, chansons sublimes, et pour le dernier Burgalat, pareil. J’aime également énormément Flavien Berger, super textes et production. J’ai aussi eu la chance d’écouter quelque chansons du prochain album de Barbara Carlotti, je prédis que sera un beau disque de chevet !

La mort de France Gall, ça t’a fait quelque chose ?
Alice Lewis : Moins que celle de David Bowie, ou que celle de Léonard Cohen, qui ont comme posé un voile sur mon esprit pendant plusieurs semaines. J’aime beaucoup les chansons qu’elle a faites avec Michel berger, j’ai un petit peu écouté, mais ce n’était pas vraiment une  idole. Je la respectais beaucoup.

Le morceau le plus arrogant de ton album, c’est lequel ? 
Alice Lewis : Peut-être que l’on peut dire cela de tous les titres. Après tout cela peut paraître arrogant de vouloir sortir un album et de penser que sa parole mérite d’être entendue ! Mais je crois dans le fait de faire les choses, d’aller au bout de ce à quoi on a rêvé !

Merci Alice !

Suivez-la sur sa page Facebook.
Et sur www.alicelewis.com.
Pour commander son album, c’est par ici !

À venir, la Release Party d’Alice Lewis au Pop Up du Label, le 14 février 2018.

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