Actrice et réalisatrice, Aïssa Maïga joue dans Promis le ciel une pasteure et ancienne journaliste, un métier qu’elle connaît bien car son père l’était. Souvenirs d’une enfance trop vite bousculée, mais à l’origine de la curiosité et du positivisme dont faire preuve l’actrice aujourd’hui et depuis toujours. L’interview est à retrouver sur nos réseaux sociaux, en vidéo.
Aïssa Maïga : On se rencontre pour le film Promis le ciel dans lequel je joue le rôle d’une femme pasteure qui s’appelle Marie.
Stéphanie Chermont : Elle n’est pas que pasteur, elle est aussi journaliste et je crois que c’est un métier qui compte pour toi.
Aïssa Maïga : Je suis fille de journaliste. Mon père était un journaliste très engagé qui a laissé derrière lui beaucoup d’écrits. Il est mort il y a longtemps et très jeune, dans des circonstances très bizarres. Mais en tout cas, il a laissé un héritage très puissant, très très beau et très inspirant.
Stéphanie Chermont : Il est mort jeune, à… 33 ans. Tu n’as pas eu l’occasion de le voir travailler, tu étais toute petite ?
Aïssa Maïga : Alors mon père travaillait beaucoup à la maison, notamment le dimanche, pendant que moi j’étais devant Goldorak, Heidi, tout ça tout ça. Candy. La panthère rose. Je me revois devant la télé, la table de la cuisine était par là-bas. Et mon père, je me souviens, il avait son dictaphone, donc j’entendais des voix, la voix qu’il avait enregistrée. Pause. Il écrivait, il écoutait, retournait en arrière. Je m’en rendais pas compte que c’était quelque chose qui allait compter pour moi, mais en tout cas, c’est des moments que je chérissais parce que mon père avait une présence très positive. C’était vraiment un papa adorable, présent quand il était là,
parce qu’il était aussi très absent, il voyageait beaucoup. Mais quand il était là, il donnait beaucoup d’attention, beaucoup d’affection. On rigolait beaucoup. J’avais le droit de lui poser au moins 100 questions.
Stéphanie Chermont : Il répondait à chaque fois ?
Aïssa Maïga : Oui il répondait jusqu’à la fin où il disait “bon là c’est fini”. Mais il aimait bien. Je pense qu’il aimait bien voir que sa fille était curieuse. Ça lui plaisait beaucoup.
Stéphanie Chermont : Et justement, quelle question on ne te pose pas assez ?
Aïssa Maïga : La question qu’on ne me pose pas assez ? (Aïssa reçoit un jus d’orange après une grande journée de promo). Est-ce que tu as soif ? Oui, j’ai soif, un jus d’orange, merci !
Promis le ciel, d’Erige Sehiri
28 janvier 2026 au cinéma
Marie, pasteure ivoirienne et ancienne journaliste, vit à Tunis. Elle héberge Naney, une jeune mère en quête d’un avenir meilleur, et Jolie, une étudiante déterminée qui porte les espoirs de sa famille restée au pays. Quand les trois femmes recueillent Kenza, 4 ans, rescapée d’un naufrage, leur refuge se transforme en famille recomposée tendre mais intranquille dans un climat social de plus en plus préoccupant.


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