Coup de cœur pour la marque Bons baisers de Paname

En cette période un peu angoissante, on avait envie de vous parler d’une personne lumineuse et enjouée : Isabelle Ye, qui a créé en 2016 la marque Bons Baisers de Paname.

Après avoir fait ses classes chez Balenciaga puis Maje, Isabelle décide de se lancer en indépendante. C’est à ce moment qu’elle s’associe avec Luc pour créer ensemble la marque. Aujourd’hui, Bons Baisers de Paname c’est une collection de souliers et notamment des sneakers, allant de la paire casual à la paire pointue et racée, de la maroquinerie où on retrouve le logo de la marque sur chaque pièce et une collection de t-shirts funs à porter avec amour !

Isabelle nous raconte donc son histoire, nous parle avec passion de sa marque, de sa façon de travailler, de son amour pour Paris et de la dernière collab en date avec le street artiste Inlovestreetart :

Bonjour Isabelle, tu es la créatrice de la marque Bons Baisers de Paname. Tu nous racontes l’histoire de la marque, et ton parcours ?

Mes parents avaient un atelier de confection de sacs à Paris, et depuis toute petite j’ai toujours baignée dans cet environnement. J’aidais mes parents, en coupant des fils par exemple ! Inconsciemment cela m’a beaucoup influencé, même si en tant que femme on adore toutes les sacs et les chaussures.

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Isabelle Yé

J’ai fait une école de mode, le Studio Bercot, et j’ai fait mon premier stage chez Balenciaga dans la maille, mais j’ai eu un vrai coup de cœur pour les accessoires. Il fallait absolument que je travaille là-dedans. J’ai donc fait un deuxième stage en accessoires, toujours chez Balenciaga, et j’ai été engagée en tant que styliste junior. Je suis restée deux ans, j’ai donc fait quatre saisons. J’ai ensuite été engagée chez Maje, où je suis restée cinq ans. J’avais envie de voir autre chose, j’ai donc travaillé en free-lance. C’était une période de ma vie particulière, où je me posais pas mal de question. C’est à ce moment là que Luc, mon associé actuel m’a contacté. On avait des amis en commun et il connaissait mon parcours. Après une expérience de grossiste dans la chaussure puis une autre complètement différente dans le football en salle, il voulait lancer une marque de chaussure, et il y a donc pensé à moi pour la direction artistique. On a commencé par faire des sandales, même si en termes de créativité ce n’est pas ce qui me stimulait le plus ! En toute honnêteté je ne pensais pas m’investir dans cette histoire, alors que Luc y croyait très fort. C’est quand on a reçu les premiers prototypes, qu’on a fait le salon du Who’s Next que c’est devenu mon bébé.

Vous aviez déjà le nom de la marque à ce moment-là ?

On a très vite trouvé le nom. C’est une amie graphiste qui m’a aidé. J’avais déjà l’idée de la bouche, qui est un intemporel. On a fait un brainstorming, et sur une feuille de papier, on faisait des baisers avec nos lèvres rouges. Je suis sûre qu’on a encore cette feuille d’ailleurs !

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Et donc après les sandales, vous avez tout de suite enchaîné avec les sneakers ?

Oui parce qu’il nous fallait un produit pour l’hiver, et la sandales, ça ne se vend qu’en été ! Il nous fallait une alternative. Au final, nous nous sommes bien trouvés avec Luc. C’était le bon moment, on avait chacun de l’expérience et on voulait tous les deux rebondir et créer quelque chose. Nos caractères se complètent, on a les mêmes valeurs, on est dans la même dynamique, tous les deux passionnés parce qu’on fait… On est complémentaires et chacun se fait totalement confiance. Moi je suis sur toute la partie visuelle et création, lui s’occupe du commercial… Tout ce qui est chiffres (rires). On n’aurait pu ne pas s’entendre mais c’est un match parfait.

Et vous êtes combien dans l’équipe aujourd’hui ?

On est quatre à temps plein, on travaille avec 2 stagiaires et selon la période on fait appel à des free-lance !

On essaie de trouver des personnes qui sont dans le même état d’esprit que Luc et moi, et avec qui on a le bon feeling. On préfère prendre quelqu’un avec moins d’expérience mais qui est passionné par ce qu’il fait et avec qui on s’entend bien. On travail dans un petit lieu donc a besoin de bien s’entendre avec les personnes avec qui on passe notre journée !

Où est vendue la marque ?

Alors déjà directement sur notre eshop, et on est vendu dans 150 points de vente en France dont le BHV. A l’étranger on est vendus en Europe et au Japon. On aimerait bien avoir une boutique à Paris, mais c’est assez compliqué de trouver le lieu idéal. Déjà on cherche de nouveaux locaux plus grands ! Et pour la boutique, on aimerait vraiment montrer tout l’univers de la marque à nos clients.

Tu nous parles de votre dernière collaboration In Love, avec le street artiste inlovestreetart ?

Alors à titre personnel j’avais remarqué ses tags et dès que j’en voyais un je le prenais en photo. J’étais vraiment fan et je publiais ces photos sur mon compte Instagram perso, puis on a commencé à en publier sur le compte de la marque, parce que ça allait parfaitement avec notre feed et notre univers. Un soir j’arrive devant ma porte et surprise : il y avait un tag ! J’étais trop contente et je l’ai vraiment pris comme un signe. Et un jour, Laurent qui a vu qu’on partageait ses œuvres nous contacte en nous demandant simplement de l’identifier sur les photos. On ne savait pas qu’il avait un compte Instagram. On en a donc profiter pour lui proposer un rendez-vous. Un vrai coup de cœur mutuel. La collaboration était donc évidente !

Où est-ce que vous fabriquez vos produits ?

Alors pour les sneakers on les fait faire en Chine, parce qu’ils ont une vraie expertise là-bas qu’ils sont assez flexibles, et qu’ils me laissent faire un peu ce que je veux ! Les sandales sont fabriquées en Inde, et les nouvelles boots et bottines en cuir qui vont arriver on va essayer de les faire fabriquer au Portugal ou en Espagne. J’aimerai bien les faire en Italie car ce sont les meilleurs mais pour rester dans la gamme de prix accessibles de notre marque, ça se fera en Espagne ou au Portugal. Et ça serait tellement plus pratique !

On aimerait aussi des matières plus eco-responsable. On n’utilise pas de plastique parce que c’est très polluant. Donc j’aimerai bien trouver des matières plus propres mais qui restent dans une gamme de prix abordable. Ça nous tient vraiment à cœur de trouver des alternatives plus respectueuses de l’environnement. On a le devoir de le faire. Pour la planète, mais aussi pour répondre à la demande de nos clients.

Peux-tu nous parler de la paire Claudie ? Quelle a été ton inspiration et pourquoi ce nom ?

Après nos modèles classiques Edith et Simone qui ont des lignes très épurées, j’ai eu envie d’un modèle qui casse les codes, où je pouvais m’amuser plus sur des empiècements, faire des mix & match couleurs et matières et avec une semelle plus travaillée.

C’est une sneakers avec une forte personnalité que l’on remarque sur n’importe quelle silhouette. Ses lignes sont pêchues, et dynamiques. La chaussure a l’air imposante mais portée, elle est racée. Ses proportions sont justes, affirmées sans avoir l’air pataud.

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Pour le nom, j’attends de voir le premier prototype et sa personnalité me donne le ton. Jamais l’inverse. J’ai pensé à Claudie, comme Claudie Haigneré, la première femme française qui a été dans l’espace. Qui n’a jamais eu envie de côtoyer les étoiles ?! Il faut une personnalité solide pour s’imposer dans un milieu majoritairement masculin, et son CV en impose…

Tu as une vraie sensibilité sneakers. Quelles sont les paires de ton enfance/adolescence ? T’en inspires-tu pour tes propres créations ?

Petite je n’ai pas eu énormément de sneakers. Mes parents n’avaient pas trop les moyens, allaient à l’essentiel et achetaient une nouvelle paire seulement si l’ancienne étaient trop abîmée pour les porter. J’ai eu des classiques comme la Superstar d’Adidas et la Stan Smith. L’Era de Vans. Les converse Chuck 70 High Top en noir. J’ai une paire que j’ai gardée comme un trésor : les Converse High Top avec des languettes dorées à scratches. Il y a aussi des modèles plus fins que j’ai adorés et que j’aime toujours comme la Tai-chi et la Mexico 66 d’Onistuka Tiger.

Il m’arrive de puiser dans mes souvenirs, mais pas que. Rien n’est restreint dans la créativité, chacun trouve sa façon de faire. C’est une question de dosage et de mélange. Mes créations sont une somme de choses différentes, par exemple une ligne que j’ai vu là, un souvenir, une émotion que je traduis en couleur ou texture, un mood résumé en un mot.

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Tu es une vraie parisienne : quelles sont tes bonnes adresses ?

Ce qui est génial avec Paris, c’est que selon son mood ou l’ambiance que l’on cherche, il y a toujours un quartier qui correspond. Paris, c’est une multitude de facettes et de personnalités. Impossible de s’ennuyer.

Pour un verre avant d’enchaîner une soirée, j’aime les bars de la rue du Faubourg Saint Denis comme le Mauri7 ou le Syndicat et dîner dans le coin. J’aime l’ambiance vivante, joyeuse et les cultures différentes qui s’y côtoient. Un primeur, un fromager, pas loin d’un bar à cocktails trendy en face d’un restaurant traditionnel turque pas loin d’un théâtre.

J’adore visiter le Petit Palais plus intimiste que le Grand Palais, et prendre un verre après une expo au Jardin du Petit Palais les beaux jours. Sublime. Récemment, j’ai découvert le Serpent à plume sur la place des Vosges : c’est génial pour enchaîner un dîner et/ou prendre un cocktail. Il y a même une piscine à balle en bas des escaliers ! Pour dîner sans chichi dans une cantine chinoise, je vais dans le 3eme rue au Maire ou rue Volta. Il y a tellement de bonnes adresses à partager et à découvrir…J’ai une passion pour cette ville.

Que fais-tu quand tu ne travailles pas ?

J’ai la chance de faire partie d’une minorité de personne dont le travail est aussi la passion. Alors je ne m’arrête jamais vraiment. J’aime passer du temps avec ceux que j’aime et créer de beaux souvenirs, rigoler, partager un dîner, un concert, un verre à la terrasse d’un café, peu importe. Quand on est bien accompagné, tout passe. Mais j’ai aussi besoin d’être seule pour me recentrer, faire des activités solo à mon rythme, comme courir, aller à des vides greniers, dessiner.

Notre mag s’appelle L’Arrogante. Quelle est la pièce de la collection la plus arrogante, et pourquoi ?

De manière générale lorsque je conçois une pièce de Bons baisers de Paname, j’aime faire en sorte qu’elle soit abordable, sa lecture, son prix. L’arrogance peut venir de l’attitude qu’on a quand on la porte. Mais on pourrait dire que les t-shirt et sneakers de la capsule Sororité dégagent une forme d’arrogance, fierté et insolence face au sexisme, aux injustices et violences à l’encontre des femmes.

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