Côme Editions, ou comment allier mode et éthique

En plein boom de l’upcycling et de la seconde main, l’industrie de la mode est largement montrée du doigt. C’est l’un des secteurs les plus polluants, qui pousse à la surconsommation et donc au gâchis. On sent une vraie prise de conscience des consommateurs, qui veulent acheter moins de pièces, mais des collections de meilleures qualités, au bon prix et toujours dans la tendance. Ils y a des marques qui s’y mettent, lentement, et celles dont l’ADN même est l’éthique. Sans pour autant laisser le style de côté. Et Côme Editions en fait partie. 

Côme, c’est l’histoire d’un frère et d’une sœur qui, dès leurs sorties d’école, veulent créer un label mode et éthique. Tout ça se passe en 2015. Hors de question pour eux de se greffer au calendrier du prêt-à-porter et de sortir 6 collections par an. La marque propose des modèles atemporels, uniques et personnalisables. Ces pièces sont produites à Paris, sur demande ou en quantité très limitée pour éviter les stocks inutiles.  Ici, pas de « collections » mais des « éditions » qui permettent à Clémence et Matthieu de créer à leur propre rythme.

Pour aller plus loin, la marque a lancé Recôme, ou l’opportunité de donner une deuxième chance à des échantillons ou des métrages de tissus d’anciennes collections. Cela donne des pièces originales, rares, éthiques et toujours aussi poétiques à l’image du vestiaire Côme Editions.

On a rencontré Clémence et Matthieu qui partagent avec nous leur vision de la mode d’aujourd’hui, nous parlent de leur prochaine collab de l’été et nous livre leurs meilleures adresses dans leur quartier, le Marais :

Bonjour Clémence et Matthieu. Pouvez-vous vous présenter ? Qui êtes-vous et que faites-vous ?

Bonjour ! Nous sommes frère et sœurs, nous avons des personnalités et backgrounds très différents et c’est ce qui nous a donné envie de créer une marque de prêt-à-porter ensemble. Côme Éditions représente le croisement de nos univers.

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Comment en êtes-vous arrivés à la mode ? Quel est votre parcours, que faisiez-vous avant Côme ?

Lorsque nous avons commencé à discuter d’un projet commun, Matthieu finissait un master en entrepreneuriat et finances. J’avais obtenu deux masters en marketing et brand management suite à un diplôme de stylisme modélisme. A force de mener des projets à terme pendant mes études, j’avais très envie de me lancer ! Matthieu avait tout juste 23 ans et je lui ai proposé de m’accompagner. On avait peu d’expérience dans le secteur à part des stages donc on a commencé doucement sans prendre trop de risques. On voulait créer des vêtements poétiques, graphiques et éthiques mais on ne savait pas vraiment où ça allait nous mener.

Comment est née votre marque, Côme ? D’ailleurs qu’est-ce que cela signifie ?

A l’origine, on voulait créer une marque pleine de contrastes qui parlerait de nous deux. On a cherché un prénom mixte et avons choisi le prénom Côme pour sa signification : Côme, du grec Kosmos, signifie l’Univers, l’équilibre et l’harmonie. Le terme « éditions » souligne le fait que nous ne faisons pas des collections mais des séries limitées et des pièces uniques, régulièrement renouvelées.

Vous travaillez en duo. Qui fait quoi ?

C’est très défini, et c’était notre souhait dès le départ : chacun son domaine même si on finit par empiéter un peu sur celui de l’autre. Matthieu s’occupe de de la production, des finances, du juridique… bref du back office, et je m’occupe de la création, de l’image et du marketing.

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Comment travaillez-vous vos collections ?

Librement ! On part généralement d’un thème global et d’une palette de couleurs qui racontent une histoire. On dessine toutes nos pièces et les designs des broderies dans nos bureaux au fond de la boutique.

Aujourd’hui, notre marque repose principalement sur deux projets : « Côme x CSAO » qui nous permet de faire personnaliser nos modèles atemporels à travers des broderies faites à la main par une association de femmes au Sénégal et « Recôme », des éditions limitées réalisées dans des chutes de tissus.

En termes de calendrier, tout se fait en parallèle car nous recevons des commandes de pièces uniques chaque semaine. Notre atelier parisien nous permet beaucoup de flexibilité lorsque nous devons réalisons des prototypes ou des séries rapidement.

Votre pièce iconique, c’est la veste en satin et brodée main. Vous fabriquez à Paris, et faites broder à Dakar. Pourquoi le Sénégal ?

Le Sénégal, c’est une histoire de famille. Notre maman et notre sœur ont vécu sur l’Île de Gorée et on y passait souvent nos vacances scolaires. Nos parents sont aujourd’hui très impliqués dans La Maison Rose à Dakar, une association qui recueille des femmes et des enfants des rues. C’est en allant la visiter que nous avons vu les brodeuses de la CSAO travailler sur des coussins et que nous leur avons proposer de broder nos blousons…

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Quelles sont les matières que vous travaillez le plus, et d’où viennent-elles ?

Nous travaillons beaucoup la soie, le velours, la laine, et le satin viscose. Toutes nos matières viennent d’Europe, principalement de France et d’Italie.

Cette année vous avez lancé Recôme, de l’upcycling avec vos propres pièces. Vous nous en parlez ?

Au fil du temps (et principalement à l’époque où nous faisions de la vente wholesale), nous avons accumulé des échantillons, découpes et chutes de tissus. Il s’agit de belles matières, atemporelles, parfois imprimées, avec des histoires à raconter. Nous souhaitions les revaloriser. En les superposant, nous proposons des modèles exclusifs et des silhouettes inattendues disponibles en quantité limitée.

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Est-ce qu’avec Recôme vous arrivez à ne plus rien jeter ?

Ce serait un peu utopique de dire ça aujourd’hui, mais c’est l’objectif !

Toujours dans un souci éco-responsable, vous avez décidez de limiter vos points de ventes. Ce n’est pas un frein commercialement ?

Nous avons fait du wholesale pendant quelques saisons, mais le système ne nous ressemblait pas. Le calendrier de la vente aux multimarques est très strict et permet peu de liberté et marge de manœuvre. Nous aimons créer des pièces atemporelles qui ont une histoire, un parti pris artisanal, une valeur sentimentale et du sens à nos yeux. Nos clientes aiment le côté exclusif et identitaire de nos pièces. Produire sans conscience des stocks, dessiner des centaines de nouvelles pièces chaque saison, courir contre la montre pour livrer à temps, ce n’était clairement pas cohérent avec ce que nous souhaitons véhiculer à travers notre marque.

Nous restons ouverts à l’idée de collaborer avec des points de vente sur des collections exclusives, des pop-up stores éphémères, des ateliers de personnalisation etc. en dehors du calendrier de la mode et des saisons.

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Vous faites souvent des collaborations. La dernière en date est celle avec Monoprix. Comment les choisissez-vous et quelle sera la prochaine collab ?

La plupart du temps, il s’agit de rencontres. On fait confiance à notre instinct et on choisit en fonction de la liberté qu’on nous propose sur chaque projet.

Nous avons collaboré avec Sézane, Le Bon Marché et Monoprix par le passé. Ces expériences nous permettent d’apprendre et d’avancer. Notre prochaine collaboration sortira l’été prochain. Nous avons dessiné la première collection de prêt-à-porter de Sarenza qui nous donne carte blanche sur le produit, l’image, mais surtout sur la production. Nous souhaitions que le projet soit consciencieux et responsable :  on produit des vêtements en série limitée dans une usine écoresponsable à partir de chutes de tissus, et pour les chaussures, on essaie de limiter le plus possible l’utilisation du cuir. C’est un défi et un projet compliqué pour une marque de cette taille, mais nous en sommes fiers !

Quelles sont les personnalités qui vous inspirent au quotidien ?

Les femmes libres et engagées qui essaient de faire bouger les lignes à l’image de Marion Cotillard ou de Mélanie Laurent. Emma Watson, à l’échelle internationale est évidemment une grande source d’inspiration. On est d’ailleurs très fiers car elle s’est offert deux vestes brodées de notre marque : l’une en lin beige avec une broderie « AMOUR » et l’autre en satin rouge avec un message féministe : « Girls just wanna have fundamental human rights ».

Votre boutique est en plein cœur du Marais, et vous êtes tous les deux parisiens. Quelles sont vos adresses préférées dans le quartier et à Paris en général ? 

On passe beaucoup de temps dans le Marais, d’autant plus que j’y vis également. On déjeune souvent chez Bontemps (rue de Bretagne), au Loir dans la Théière (rue des Rosiers), chez Miznon (rue des Écouffes) ou Soma (rue Saintonge). J’aime beaucoup la terrasse de l’institut Suédois quand il fait beau et le Musée Picasso qui me permet de m’évader quelques instants.

Pour le shopping, on trouve des jolies boutiques comme le concept store Empreinte (rue de Picardie), Lafayette Anticipations (rue du Plâtre) ou encore la CSAO juste à côté de notre boutique.

Notre magazine s’appelle L’Arrogante.fr. Quelle pièce est la plus arrogante, et pourquoi ?

Notre robe portefeuille Maé est un des modèles qui a le plus de succès auprès de nos clientes et nous la rééditons régulièrement dans de nouveaux tissus et coloris. Elle dévoile, elle suggère mais pas trop. Les femmes nous disent souvent qu’elles se sentent belles lorsqu’elles la portent. Je dirai que c’est une pièce arrogante dans le sens insolente et séduisante !  

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Vous souhaitez en savoir plus sur Côme Editions ou vous offrir une pièce unique ? Rendez-vous sur le site internet, ou à la boutique, 9 ru bis Elzévir, Paris IIème

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