Yoga de la fertilité : écouter (enfin) ses hormones avec Charlotte Muller

Dans un appartement bien décoré, chaleureux et cosy, on s’installe sur les tapis de couleur rose. C’est calme. La pratique commence dans la douceur de la voix de Charlotte et la respiration se déplace dans le ventre. Ce yoga de la fertilité, que l’on suit en fonction de son cycle hormonal, est une vraie bouffée d’oxygène. Pour les Parisiennes stressées, celles qui veulent avoir un enfant ou bien celles qui souffrent d’endométriose, par exemple. Mais au final, pour toutes les femmes curieuses de découvrir les bien-faits du yoga sur notre corps en fonction de notre cycle hormonal. Charlotte Muller est la première à amener cette pratique en France, à Paris, avec très grande expertise et un savoir-faire. Nous sommes entre de bonnes mains, celles d’une passionnée qui fait ses preuves chaque semaine, les cours se remplissant et l’agenda de Charlotte aussi.

Alors comment est né ce yoga ? En quoi consiste-t-il ? Votre corps n’a pas fini de vous surprendre ! 

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Coucou Charlotte, peux-tu nous présenter le yoga féminin de la fertilité ? Qu’est-ce que c’est ?

Le yoga de la fertilité est un yoga féminin doux. Il est très répandu aux États-Unis et en Australie où l’approche de la santé est plus holistique. On distingue deux types de cours de Fertility Yoga, ceux dynamiques pratiqués en début de cycle (J5 à J14) et ceux plus doux en (J15 à J28).

Le Fertility Yoga est un yoga Hatha, plus doux et par conséquent plus adapté au respect du système endocrinien.

En quoi est-ce différent d’un cours de yoga vinyasa ? 

Le Vinyasa est un yoga dynamique dans lequel on enchaîne rapidement des positions dans une séquence à un rythme plutôt soutenu. Le Fertility Yoga est un yoga Hatha, plus doux et par conséquent plus adapté au respect du système endocrinien (respiration abdominale calme et basse, activation du système nerveux para-sympathique, réduction du stress et par conséquent des hormones liées au stress, comme la Cortisol qui sont néfastes à la fertilité féminine). On le sait trop peu mais l’exercice physique intense, défouloire de type RPM et HIIT, impose un stress à notre corps qui n’est pas bon pour l’équilibre hormonal.

Au contraire, le Fertility Yoga adapte la pratique aux hormones présentes dans le corps à chaque moment du cycle féminin. En début de cycle, nous produisons des androgènes qui nous dynamisent et permettent une activité plus tonique. La progestérone prépare à la nidation en gonflant l’endomètre et quand il n’y pas eu de fécondation, notre taux de progestérone chute ce qui déclenche nos règles. Avec cette progestérone en chute, certaines femmes expérimentent une sensibilité accrue et une baisse de forme (syndrome prémenstruel). A cette période, le Fertility Yoga est plus doux et restoratif.

Depuis quand le pratiques-tu ? Comment l’as-tu amené à Paris ?

À 27 ans, il y a 6 ans, j’ai changé de gynécologue car je n’étais pas satisfaite de ma gynécologue de quartier. Elle ne répondait pas à mes questions, elle ne se souciait pas de mon absence de règles et elle me renvoyait de rdv en rdv tous les 6 mois. J’ai fini par pousser la porte du Dr Debache, spécialiste de l’infertilité, co-fondateur du centre de PMA de Sèvres qui a vu naitre le 2e bébé FIV de France et ancien Directeur Médical de la très réputée Clinique de La Muette (Paris 16e).

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Après deux années à avoir dédié chaque moment de répit à l’étude de ces enseignements, chaque congés à faire un teacher training au bout du monde… je suis ravie de vous présenter le Yoga de la Fertilité à l’Atelier Nubio, temple parisien du ‘healthy-living’, accompagnée du Docteur Debache, gynécologue obstétricien, pionnier des sujets d’infertilité et de la FIV en France. • Retrouvez dès aujourd’hui mon interview détaillée sur le Magazine @ateliernubio • En 2013, j’étais diagnostiquée ‘SOPK’, un dérèglement hormonal qui touchait à l’époque 1 femme sur 13 et se rapproche inquiétemment des 1 femmes sur 5 en 2019 ! • En France, 1 couple sur 10 est atteint d’infertilité, 1 femme sur 3 met plus d’un an à tomber enceinte, Avec de tels chiffres, la France est devenue un des pays avec les taux d’infertilité et de naissances FIV les plus élevés au monde. • Or, plusieurs études dont celles des universités d’Harvard @harvardhmx , de Florence @unifirenze ont établi que le #fertilityyoga augmentait significativement les chances de tomber enceinte, de 22% à 55% et jusqu’à 63% de grossesse selon une étude indienne. • Ma bonne résolution 2019 est de contribuer à la diffusion de cette approche holistique auprès de tous les centres de PMA de France ! • Je vous donne rendez-vous le Mardi 29 janvier de 18h à 20h à l #AtelierNubio Paris 11e, pour vous présenter la pratique du Yoga de la Fertilité et répondre avec le Dr Debache à vos questions

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Son diagnostic a été quasi instantané et confirmé par une rapide prise de sang, j’étais atteinte du SOPK, syndrome d’ovaires polykistiques, qui touchait à l’époque, en 2007, 1 femme sur 13 et frôle 1 femme sur 5 aujourd’hui. Lorsqu’il me l’a diagnostiqué, je pratiquais déjà le Yoga depuis 5 ans mais sous des formes trop intenses (Bikram, Vinyasa, Power Yoga) et non respectueuses de mon dérèglement hormonal. Au fur et à mesure des années, j’ai fait de plus en plus de recherche sur les méditations qui apaisent les dérèglements hormonaux et je me suis formée successivement en devenant prof de yoga.

Pratiqué 3 mois, à raison de deux cours par semaine, en amont d’une FIV, il augmente de 32% de taux de grossesse, passant de 1 chance sur 5 de tomber enceinte à 1 chance sur 2.

Quels sont les résultats pour les femmes qui désirent avoir des enfants ?

Le Fertility Yoga a été étudié par l’université d’Harvard et de Florence. Pratiqué 3 mois, à raison de deux cours par semaine, en amont d’une FIV, il augmente de 32% le taux de grossesse, passant de 1 chance sur 5 de tomber enceinte à 1 chance sur 2.

Je le recommande également vivement aux femmes dont les infertilités sont inexpliquées, dites « idiopathiques », celles qui essaient de tomber enceinte et qui n’y parviennent pas alors qu’il n’existe aucune infertilité pathologique. Le travail de respiration et de méditation apaisent considérablement le mental et les mouvements du féminin (périnée, bassin, bas ventre) et ils viennent apporter du mouvement dans une zone qui reste statique pendant de longues heures de travail.

Yoga fertility Charlotte Muller2

Et pour celles qui ne veulent pas d’enfants, en quoi est-ce bénéfique ?

Oui, nombreuses sont mes élèves qui ont des règles très irrégulières et des aménorrhées (absence de règles) qui viennent à mes cours pour se reconnecter à leur corps. Le Fertility Yoga est très efficace pour normaliser les cycles. Par ailleurs, j’ai énormément d’élèves atteintes d’endométriose, qui ne souhaitent pas nécessairement avoir un enfant dans un futur proche mais ressentent les bénéfices d’un cours spécifique aux problématiques féminines. Je leur recommande de pratiquer exclusivement le Fertility Yoga 2, le cours doux. Elles ressentent moins de tensions et de crampes d’endométriose après quelques séances.

Parle-nous un peu de toi, quelle parisienne es-tu ? Comment es-tu arrivée au yoga ?

Born and raised ! J’adore Paris. J’ai grandi dans l’ouest Parisien, j’ai du jogger plusieurs centaines, voire milliers de Km entre le Bois de Boulogne, le Jardin du Luxembourg, le Jardin des Plantes et le Bois de Vincennes. Comme j’ai fait mes études en Asie et aux États-Unis et que j’ai commencé ma carrière d’avocate au Moyen-Orient, je continue de m’émerveiller de la beauté de notre ville et de la qualité de vie française, en comparaison avec les autres capitales où j’ai pu résider.

C’est à Singapour, où je vivais il y a 10 ans, que j’ai découvert le yoga. La chaleur accablante et très humide m’empêchait de courir autant que je le souhaitais et là-bas tout le monde pratiquait le Yoga ainsi que le Qi Gong dans le jardin Botanique, alors je m’y suis mise. J’ai commencé par des yogas très physiques, puis plus spirituels et enfin, suite à l’annonce de mon dérèglement hormonal, je me suis spécialisée en yoga féminin. J’ai effectuée ma certification en Hatha Yoga, puis en Prénatal Kundalini.

Quels sont tes repères, tes bonnes adresses parisiennes ?

J’ai habité Rive Gauche pendant des années, j’aime la flânerie qui y règne et j’avais la chance d’habiter en face du Tigre Yoga de la Rue du Cherche-Midi. J’emménage dans le 9e arrondissement, à proximité de la Place Saint Georges le mois prochain et j’adore le quartier. Comme je donnais déjà mes cours de Fertility Yoga à l’angle de la Rue des Martyrs, j’y ai mes habitudes de restos healthy, notamment les cantines « Otium », « So Nat » ou encore «  Wild & The Moon »  Rue Helder, et beauté saine avec les produits Aesop Rue Condorcet.

Pour retrouver cette flânerie de quartier qui me manque un peu de Rive Gauche, je monte quelques rues en direction de Montmartre. Au pieds des Abbesses, le home studio Satnam Montmartre vient d’ouvrir au fond de l’impasse Marie Blanche. C’est un espace unique à Paris, pour prendre des cours dans une salle baignée de lumière avec des moulures et dorures d’époque au plafond. Le lieu a été pensé par Anne Bianchi www.annebianchi.fr , professeure de Yoga Kundalini.

Qu’est-ce que tu conseilles aux femmes qui sont un peu perdues avec la grossesse ? 

D’abord de respirer ! Une fois enceinte, on a vite le souffle court. Si l’on ne (re)apprend pas à respirer, le stress et les émotions prennent vite le dessus. Ensuite de méditer. Toutes nos émotions quotidiennes sont liées à nos hormones. Or les ovaires ne les produisent pas de façon autonome mais seulement sous l’impulsion de notre cerveau, via la glande pituitaire. Un cerveau calme et méditatif initie un cercle vertueux d’apaisement et de meilleure gestion des émotions.

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Le yoga de la féminité et de la fertilité, ça vous parle ? 🧘🏼‍♀️ J’ai testé un cours avec @lalocharlotte dans son magnifique appartement @leserviceapp à côté de la rue des Martyrs dans le 9e. L’idée ? Se relaxer, évacuer le stress, travailler la respiration dans le bas du ventre, l’ouverture des hanches et imaginer la pratique du yoga en fonction de son cycle hormonal. Que l’on veuille ou non avoir des enfants, j’ai adoré ce moment zen où j’étais quasiment en méditation tout le cours… Je vous le recommande ! Surtout pour vous restaurer et évacuer le stress quotidien (qu’en Parisienne on a toujours !). Merci à la fabuleuse @albane_de pour la découverte 🙏🏻 Si vous avez besoin d’infos, n’hésitez pas à m’écrire en MP 💌 #yoga #hathayoga #fertilite #feminite #yogagirl #yogapose #yogaposture #charlottelalo #fertilityyoga #meditation #stress #sport #instayoga #paris #paris9

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Crois-tu que quelque chose a changé depuis le #MeToo, concernant les femmes ? 

J’ai toujours été féministe mais sans revendication. Comme pour tout, je pense que le changement doit être incarné, conduit et non pas seulement réclamé. Poster un #MeToo, c’est un acte d’un infini courage et un aveu de « victime », comme s’il fallait accepter l’idée d’un sexe fort et un sexe faible. Je pense au contraire qu’il faut savoir cultiver et expliquer,  montrer ses différences en conscience et complémentarité. Et c’est peut-être un des effets de #MeToo, une acceptation commune qu’un postulat de supériorité masculine a toujours été infondé et qu’il faut y mettre un terme ! Simone Weil avait les mots justes pour le dire «  Ma revendication en tant que Femme, c’est que ma différence soit prise en compte, que je ne sois pas contrainte de m’adapter au modèle masculin ». Et Lenny Kravitz de conclure.

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#internationalwomensday #iwd2019

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Quels sont tes projets ? Quelle est la suite ?

Le Fertility Yoga a reçu un accueil très positif. J’enseigne en petit comité max 8/10 personnes et plusieurs cours sont déjà pleins, tout juste un mois après le lancement. Je discute actuellement avec des maisons d’édition sur un projet de livre de yoga féminin. L’étape suivante est de créer un programme qui serait accessible à distance pour les femmes qui n’habitent pas à Paris.

Retrouvez toutes les informations pour suivre les cours de Charlotte et du fertility yoga sur son site, dans l’appartement du 9e et sur son compte Instagram

 

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