Acheter des fleurs de saison : suivez les conseils de Clémentine Lévy de Peonies Paris

En grande fanatique des fleurs et des plantes, comme Lila, j’achète beaucoup de bouquets. Et un jour, alors que je venais de prendre deux beaux hortensias roses pales, affichés sur mes réseaux sociaux, Clémentine (qui est une copine, comme ça, vous savez tout) m’écrit en me disant : « Je vais t’engueuler Steph, l’hortensia, ce n’est pas de saison !« . De saison ? Comment ça ? Et bien oui, les fleurs, c’est comme les légumes, il y a une saison. Mais ce que j’ai appris, notamment avec Clémentine et les créatrices de Fleurivore, c’est que les fleurs venues en grande partie du Kenya ou d’encore plus loin, sont toxiques pour son intérieur et sont un désastre écologique.

Alors qu’est-ce que l’on attend pour mieux acheter ses fleurs et ses plantes ? Peut-être les conseils de Clémentine, utiles et réfléchis, que vous pouvez suivre les yeux fermés. Et si vous ne connaissez pas Peonies (81 rue du Faubourg Saint-Denis dans le 10e à Paris), je vous conseille d’y aller pour manger, goûter ou acheter votre bouquet, c’est sublime.

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Crédit photo : Kristin Perers

Hello Clémentine, peux-tu me raconter les débuts de l’aventure Peonies à Paris ?

Au tout début, j’avais envie d’ouvrir un coffee shop, c’était ça ma base. J’adorais me rendre dans ce genre d’endroits à Paris et je rêvais d’en créer un de A à Z. Mais je voulais proposer un truc en plus car des coffee shops, il en ouvre toutes les semaines à Paris ! J’ai commencé à regarder ce qui existait comme concept à l’étranger mais qui restait encore inédit à Paris. Et c’est en discutant avec mon ami (et celui qui deviendra le directeur artistique de PEONIES) Romain Chirat, qu’est née cette envie d’un café-fleuriste. Il fallait que je prenne tout à zéro : le café de spécialité, les fleurs, et puis surtout apprendre tout sur comment ouvrir un lieu recevant du public à Paris, découvrir les joies de l’administration française, etc., etc.

Un an pile poil après le début du projet, j’ai pu enfin ouvrir PEONIES !

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Au départ, j’étais seule à bord au service, aux fleurs, je faisais des journées de 15h mais qu’est-ce que c’était grisant ! J’ai très vite été rejointe par Tom, qui est toujours mon chef cuisinier aujourd’hui, et qui s’occupe de toute la partie création de plats et de gâteaux. Côté fleurs, j’ai d’abord commencé petit avec quelques bouquets disposés en boutique que les gens pouvaient prendre en libre service, c’était souvent pris d’assaut et moi, bloquée derrière mon comptoir, j’étais dans l’incapacité de produire plus de bouquets.

J’étais frustrée, je voulais montrer plus, proposer plus.

Quelques mois après, j’ai pu enfin me faire aider par un fleuriste à mi-temps ce qui m’a permis de développer tout ce côté fleurs qui moi me faisait de plus en plus de l’oeil. Désormais, nous avons en boutique un bar à fleurs en do it yourself, des bouquets toujours en libre service, mais aussi et surtout un studio d’art floral, juste à côté du café, où nous faisons tous nos ateliers floraux pour apprendre à qui le souhaite comment confectionner un bouquet, un arrangement en vase, une arche… Un vrai bonheur pour moi !

C’est ça qui est drôle, au début la partie fleurs était un petit plus que je voulais offrir à mes client.e.s, et c’est devenu une véritable passion et un besoin viscéral pour moi, je ne peux pas m’empêcher de bidouiller des fleurs, même quand je n’ai que quelques minutes devant moi, tu me trouveras toujours en train de faire un bouquet ou un mini arrangement dans mon atelier.

Les fleurs, c’est comme les fruits et légumes, il y a des saisons à respecter si l’on veut consommer de manière raisonnée.

Quelles fleurs vends-tu au quotidien ? Pourquoi ce choix ?

Entre février et novembre, je ne vends que des fleurs fraîches locales et surtout de saison. Le reste de l’année, je bascule sur des fleurs que j’ai faites sécher les mois précédents, ou bien que j’achète déjà séchées. C’était une évidence pour moi que de proposer du local mais surtout, et j’insiste, des fleurs de saison. Dans un premier temps parce qu’on n’a plus le luxe de ne plus faire attention à la provenance de ce qu’on achète (aussi bien du point de vue écologique que d’un point de vue santé), mais aussi parce que le savoir faire français, ça passe aussi par nos producteurs de fleurs et de feuillages. Les fleurs, c’est comme les fruits et légumes, il y a des saisons à respecter si l’on veut consommer de manière raisonnée.

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Crédit photo : Romain Ricard

Est-ce que tu peux nous expliquer pourquoi faut-il faire attention aux fleurs que l’on achète ?

Lorsque l’on achète des fleurs qui ne sont pas de saison (par exemple, des pivoines en décembre, vous pouvez être sûr.e.s qu’elles ne viennent pas du petit producteur du Sud de la France, mais plutôt d’une bonne grosse serre industrielle basée en Hollande ou en Italie. Et je ne parle même pas des roses qui viennent elles pour la plupart du Kenya ou de l’Equateur. Quand vous achetez hors saison, vous achetez du « pré fabriqué », du génétiquement modifié, du boosté aux produits toxiques.

Et le plus triste dans tout ça, c’est que vos fleurs qui viennent de l’autre bout du monde, même s’il s’est déjà passé 4/5 jours avant qu’elles arrivent dans votre vase, elles tiendront longtemps et vous vous direz « C’est de la bonne qualité ces fleurs » ! Hé bien non, ça veut surtout dire qu’elles ont été nourries aux produits chimiques qui vous font croire qu’elles sont en bonne santé. Et ces produits chimiques, où vont-ils après ? Dans l’air que vous respirez dans votre intérieur, sur vos doigts que vous portez à votre visage etc., etc… Aujourd’hui, on monte au créneau quand on voit des gens acheter « Des avocats qui viennent du Pérou » ou bien « Des cerises du Chili en décembre ». Pour les fleurs, ça devrait être pareil. On devrait pouvoir faire confiance à son fleuriste et être sûr.e.s que, « S’il en vend, c’est que c’est de saison ».

Des pivoines en décembre, vous pouvez être sûr.e.s qu’elles ne viennent pas du petit producteur du Sud de la France, mais plutôt d’une bonne grosse serre industrielle basée en Hollande ou en Italie. Et je ne parle même pas des roses qui viennent elles pour la plupart du Kenya ou de l’Equateur.

Nous sommes en mars, quelles fleurs conseilles-tu ?

Actuellement, on a de superbes tulipes qui viennent d’Île-de-France, des mufliers colorés sublimes du Sud de la France ou encore des camélias de Bretagne, des fritillaires, des jonquilles… La belle saison démarre enfin !

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Qu’est-ce que tu peux donner comme conseils aux lectrices / lecteurs concernant la saisonnalité des fleurs, des plantes ?

Le souci quand on consulte sur Internet, c’est que les sites ne sont pas assez précis. Il faut bien regarder ceux qui répertorient les fleurs qui fleurissent tel mois de l’année, et non pas les fleurs de ce mois tout court, car on va aussi vous parler des fleurs que l’on peut planter, mais ça ne signifie pas qu’on peut les récolter. Il existe aussi de très bons livres qui répertorient merveilleusement la saisonnalité des fleurs ! Si vous patienter un petit peu, vous pourrez vous procurer un objet que je suis en train de réaliser, qui vous aidera justement à y voir plus clair… !

Que réponds-tu à celles et ceux qui aiment les roses, un point c’est tout ? 

Je leur répondrais qu’ils ont raison de les aimer car certaines variétés sont d’une beauté dingue, mais que comme toute belle chose, il faut savoir les apprécier le moment venu, et donc il faut patienter jusqu’au mois de mai pour pouvoir avoir la chance de les cueillir !

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Crédit photo : la talentueuse Pauline Darley.

Quels sont tes projets à venir, comment peut-on te retrouver à Paris ?

Vous êtes toutes et tous les bienvenu.e.s chez PEONIES, au café du mardi au dimanche et au studio pour les amatrices.eurs de jolies fleurs et qui souhaiteraient en apprendre un peu plus sur l’art floral ! J’organise des ateliers pour les débutants tous les samedis après midi, et d’autres pour les personnes plus confirmées sur des thèmes qui changent régulièrement (par exemple fin avril j’organise un atelier bouquet de mariée mais comme toujours, très champêtre). J’ai des projets d’atelier dans de très beaux lieux en dehors de Paris mais ce sera pour la rentrée et l’année prochaine, je meurs d’impatience.

À ton avis, quelle est la fleur la plus arrogante ?

L’anthurium… Elle est surtout très machiste, je vous laisse Googler pourquoi !

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Stéphanie : si je ne me trompe pas, c’est celle-ci l’anthurium… Sexy, non ?

 

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