Elementaire Club : le podcast qui va vous faire réfléchir sur votre quotidien

Est-ce que vous écoutez des podcasts ? Oui ? Continuez.
Non ? C’est le moment de vous y mettre.

Ce format radio, c’est-à-dire des émissions en sons et non en images diffusées par des médias ou de façon indépendante, est en pleine explosion. Qu’ils concernent les femmes (comme La Poudre), les entrepreneurs (comme la copine Siham avec Génération XX), des histoires de la vie (comme dans Transfert), la reprise quand on le souhaite d’émissions incroyables comme Par Jupiter sur France Inter, la cuisine (à poêle, génial !), la sexualité (j’adore Entre nos lèvres) ou le genre (comme dans le formidable podcast Dans le genre), tout ce qui est raconté nous bouleverse, nous inspire ou nous intrigue.

Et Bénédicte Hallion, qui vient tout juste de lancer le sien, Elementaire Club, tient un concept en or. Du reportage, du terrain et des sujets de société qui mène l’auditeur à l’interrogation, à la réflexion. C’est du travail, de l’investissement, Bénédicte a tout quitté pour se lancer. Elle est autant encourageante qu’admirable.

Et si vous lisiez cette interview en écoutant Elementaire Club ?

Hello Bénédicte, peux-tu te présenter en quelques mots ? 

Bénédicte Hallion : J’ai 29 ans, je suis une amoureuse de Paris et de la Provence (j’ai vécu 9 ans à Aix en Provence).

Avant le lancement de ton podcast Elementaire Club, que faisais-tu ? 

J’ai travaillé pendant 6 ans dans la communication et les médias (chez BFMTV/ RMC, ELLE magazine, en agence de pub…). Lorsque j’étais dans les médias, je m’occupais des partenariats avec les annonceurs.

Je pense que nous avons besoin de nous reposer les yeux, et de faire travailler notre imaginaire, ce qui est possible avec l’audio.

Pourquoi avoir choisi de tout miser sur le podcast ? 

Je venais de la radio (RMC) et cela faisait un moment que je m’intéressais au podcast, à ce qu’il se passait aux États-unis ou en Angleterre. Je me suis dit que c’était un formidable support, plus intime. Je suis un peu effrayée par les médias qui proposent des formats toujours plus courts, en vidéo sur les réseaux sociaux notamment. L’essor du podcast en France me rassure, je me dis qu’on a encore envie de se poser et d’écouter quelque chose qui dure plus d’une minute. Ce qui est intéressant, c’est qu’à l’heure de la tendance zapping, les podcasts qui durent en moyenne 30 à 40 minutes par épisode sont presque tous écoutés jusqu’au bout. Je pense que nous avons besoin de nous reposer les yeux, et de faire travailler notre imaginaire, ce qui est possible avec l’audio.

Elementaire club podcast emission2

Quelle est ta définition du podcast ?

Ce n’est pas clair pour tout le monde. Un podcast est une émission en format audio. Il existe des podcasts qui sont des replay d’émissions de radio. Mais ce que l’on appelle les « podcasts natifs », ce sont ceux qui se lancent, comme Elementaire Club, mais qui sont indépendants et qui ne font pas partie d’un groupe média (un peu comme les blogs, il y a une dizaine d’années).

Quelle est l’idée derrière Elementaire Club ? A qui s’adresse-t-il ? 

Elementaire Club s’adresse surtout à notre génération (Y) et les suivantes. Nous avons grandi avec internet, la société de consommation, et pourtant aujourd’hui, nous savons que quelque chose cloche. Que ce soit sur l’aspect écologique, ou sur notre mode de vie, notre façon de travailler par exemple. Nous sommes dans une époque où tout va très vite. Nous sommes nombreux à vouloir ralentir, changer quelque chose dans notre mode de vie, sans trop savoir par où commencer.

L’idée est donc de faire le point sur nos modes de vie, de poser les questions que nous sommes nombreux à nous poser, d’y réfléchir, et de présenter des alternatives. Nous avons également une newsletter, La Relève by Elementaire Club, qui permet de découvrir des marques, des associations ou des personnalités qui ont un impact sociétal ou environnemental positif, si l’on veut commencer à consommer autrement, ou soutenir des projets.

Elementaire club podcast

Peux-tu me présenter ton équipe ? 

Avec plaisir ! Ce sont 4 journalistes (dont une qui est encore étudiante), qui ont entre 20 et 31 ans, qui sont tout aussi concernés par ces questions. Ils ont travaillé ou travaillent pour d’autres médias (le HuffPost, France 24, Society…) et ils voulaient tester le format podcast.

Est-ce que tu as hésité avant de te lancer ? Tu as fait un grand twist dans ta carrière. 

Oui, j’ai hésité ! Pendant quelques temps, je tournais en rond en disant à mes proches que je voulais me lancer. Dans quoi ? Je ne savais pas vraiment répondre à la question. Et puis la vie m’a un peu poussée à le faire puisque la conjoncture dans mon dernier job a changé. Je me suis dit « allez, c’est le moment ! ». Et l’idée du podcast faisait son chemin à ce moment là, je me suis dit que c’était dans ce projet là qu’il fallait se lancer.

Quand tu ne bosses pas sur le podcast, que fais-tu ? 

Je prépare la suite ! Nous aimerions créer un club, pour tout ceux qui veulent justement repenser leur mode de vie, avec par exemple des événements, du contenu additionnel… Je cherche aussi des annonceurs avec qui nous pourrions travailler, car la pub est importante pour que l’on puisse se rémunérer, mais le choix de nos partenaires est primordial lorsque l’on parle d’écologie et de changements sociétaux.

Quels autres podcasts nous conseilles-tu ?

Génération XX, qui m’a donné la pêche et l’envie de me lancer, Les déviations, pour écouter le parcours de gens qui ont tout plaqué, Transfert, pour rentrer dans l’intimité de quelqu’un pendant quelques minutes.

Et sinon, quels autres formats / médias aimes-tu suivre ? Pourquoi ? 

Je trouve que ce qu’il se passe sur la presse papier est très intéressant. Les nouveaux formats comme Les Confettis ou Encore par exemple, qui sont des formats plus qualitatifs, tirés à une fréquence moins élevée, entre le magazine et le livre, je trouve ça top. Sinon, je regarde peu la télé, et je fais partie de ces gens qui écoutent encore la radio tous les matins ! (j’alterne entre France Info, Europe 1 et bien sûr RMC).

Ce que l’on espère, c’est qu’après avoir écouté l’épisode, quelqu’un qui comme nous, est novice sur le sujet, commence à se poser des questions.

Que penses-tu de toute cette vague de podcasts féminins, engagés ? Est-ce qu’il n’y en a pas trop au final ? 

C’est vrai qu’il y en a beaucoup aujourd’hui ! Je pense que c’est bien que chacune se lance, tous ces contenus apportent finalement des choses différentes (par le choix des invité(e)s, ou les sujets traités), et surtout, chaque podcast trouve son audience.

Quel est ton engagement au quotidien, car Elementaire Club s’attaque à des sujets très liés à l’environnement, le développement durable, au travail ? 

Avec Elementaire Club, on essaye au maximum de ne pas prendre parti. Avec l’équipe, on se pose en novices sur ces questions (lorsque l’on parle de zéro déchet dans le premier épisode par exemple ; c’est un mouvement que l’on a découvert en réalisant l’épisode). Ce que l’on espère, c’est qu’après avoir écouté l’épisode, quelqu’un qui comme nous, est novice sur le sujet, commence à se poser des questions (« Ai-je vraiment besoin de consommer tout ça ? » par exemple).

Nous ne sommes pas là pour dénoncer, certains médias le font très bien, ce n’est pas dans notre ADN. Notre engagement est plutôt dans l’accompagnement. Ce que l’on veut faire passer comme message c’est « si toi aussi tu commences à te poser des questions sur ta façon de vivre, de travailler, de consommer, tu n’es pas tout seul. »

À titre personnel, je suis comme tout le monde, je ne suis pas exemplaire. J’ai une voiture par exemple. Mais j’essaye de m’améliorer au fur et à mesure, de changer certaines choses dans mon quotidien. Après avoir enregistré l’épisode sur le zéro déchet, j’ai commencé à aller dans des magasins en vrac, à me passer de bouteilles en plastique… etc. J’essaye aussi de ne plus acheter de vêtements chez des marques de fast fashion qui font produire leurs vêtements dans des conditions obscures. Et je pense participer à la prochaine journée de ramassage de déchet, certainement dans le sud de la France.

Comment va évoluer le podcast à ton avis ? 

J’aimerais vraiment que l’on réussisse à monter le club. Car je pense que nous sommes nombreux à vouloir nous engager sur ces sujets, et à ne pas vraiment savoir comment faire. Je pense aussi à un format magazine papier, version mook.

As-tu d’autres projets à côté ? 

Aujourd’hui, je donne aussi des cours de brand content dans mon ancienne école, l’EFAP. Ça me prend un peu de temps mais c’est génial de transmettre, même si ce n’est pas toujours un exercice facile. On se remet constamment en question. Je pense continuer l’an prochain.

Tes conseils aux autres pour se lancer dans le podcast ? 

Foncer ! Ne pas attendre que son projet soit absolument parfait. Le podcast est un format authentique, pas besoin de faire des heures de montage pour « aseptiser » l’ensemble comme sur une émission de radio (bien sûr, il faut que ce soit agréable à écouter, mais les bruits de fond ne sont pas toujours une catastrophe, notamment lorsque l’on fait du reportage comme nous !). Et assumer sa voix ! Les autres ne vous entendent jamais comme vous entendez votre propre voix. Et vous verrez, vous vous réconcilierez vite avec elle 🙂

Retrouvez toutes les infos complémentaires sur le site Elementaire Club et leur page Instagram

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